Épisode 6

Création de l’École des Mines de Nancy

 

 

Le lendemain de la défaite de 1871, Nancy accueille étudiants et professeurs venus des zones annexées par l’Allemagne. Nancy devient une ville universitaire.

 

En France, les réformateurs républicains souhaitent améliorer la compétitivité des entreprises en développent des centres universitaires en province. Dans le giron de la faculté des sciences de Nancy huit instituts et écoles supérieures techniques voient le jour entre 1887 et 1919. L’idée générale qui prévaut alors est de développer une spécialisation géographique.

 

En 1919, le retour de l’Alsace et de la Moselle induit un besoin considérable en ingénieurs pour l’exploitation de la houille et du minerai de fer ainsi que pour la transformation de ce dernier. C’est ainsi que naît le projet de création de l’Institut Métallurgique et Minier de Nancy.

 

La faculté des sciences fournit les locaux. Le monde industriel prend en charge le financement de l’école. Le Corps des Mines s’invite dans le projet, l’école accueille cette opportunité avec satisfaction car elle en a le plus grand besoin pour participer aux enseignements. Traditionnellement le directeur technique de l’école sera pour quelques décennies un ingénieur du Corps des Mines.

 

Cette double appartenance aux Écoles des Mines et à l’université constitue une spécificité de l’école.

 

Le nom de l’école évolue : en 1955 l’école devient École Nationale Supérieure de Métallurgie et de l’Industrie des Mines de Nancy puis elle deviendra École Nationale supérieure des Mines de Nancy.

 

En 1960, l’école innove en créant le concept d’ingénieur généraliste et humaniste.

 

En 1971, à l’initiative de l’un de ses professeurs, L’École devient l’une des pièces maîtresses de l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL). L’INPL est l’un des trois Instituts Nationaux Polytechniques,  créés à la suite de la loi Faure du 12 novembre 1968, avec celui de Grenoble et celui de Toulouse. L’INPL compte 7 écoles d’ingénieurs, il est aujourd’hui intégré à l’Université de Lorraine.

En 1991 une formation d’Ingénieur de spécialité en Matériaux et Gestion de Production (à présent dénommée formation d’Ingénieur de spécialité Génie Industriel et Matériaux) est mise en place en parallèle à la formation d’Ingénieur Civil des Mines.

En 1999, Trois écoles de Nancy : l’École des Mines, l’Institut Commercial (aujourd’hui ICN Business school) et l’école Supérieure de beaux Arts lancent le projet ARTEM (Arts Technologies Management). Parallèlement les trois laboratoires de matériaux implantés dans les locaux de l’École des Mines  fusionnent pour constituer l’Institut Jean Lamour[1].

 

En 2001, à l’initiative de deux professeur de l’UHP (Université Henri Poincaré), dont l’un est également directeur adjoint de l’école des Mines, est créé  l’Institut Supérieur d’Ingénierie de la conception à saint Dié des Vosges sous forme d’un Groupement d’Intérêt Public. Cet institut aujourd’hui membre de l’Institut Mines télécom délivre depuis 2004 un diplôme d’ingénieur de spécialité de l’École des Mines de Nancy.

 

En matière de localisation, l’école s’installe en 1920 place Carnot à Nancy à côté du palais des Universités, devenu plus tard résidence de fonction du recteur, puis  en 1955 dans le parc de Saurupt dans des locaux abritant auparavant un hôpital, pour finalement intégrer en 2012 ses derniers locaux sur le campus ARTEM, rue du Sergent Blandan dans le cœur historique de Nancy. Ce campus abrite également l’Institut Jean Lamour.

 

 

[1] Jean Lamour, ferronnier d’art, serrurier de Stanislas Leszczynski (beau père de Louis XV) est le créateur, en collaboration avec l’architecte Emmanuel Héré, des magnifiques grilles rehaussées d’or de la Place Stanislas à Nancy.

   

 

 Autres épisodes

 

  Épisode 1 - Introduction

  Épisode 2 - Création de l'Ecole des Mines de Paris

  Épisode 3 - Création de l'Ecole des Mines de Saint Etienne

  Épisode 4 - Création de l'Ecole des Mines d'Alès

  Épisode 5 - Création de l'Ecole des Mines de Douai

 

  Épisode 7 - Reconnaissance de la nation, Armines et Transvalor